la coquille st Jacques

coquilles de la rade de Brest par Relec29

Pour présenter la coquille st Jacques j'ai pris la fiche IFREMER qui présente le programme de réensemencement de ce coquillage pour valoriser et péréniser cette ressource dans la rade

 

Coquille Saint-Jacques

 
Coquille Saint Jacques ouverte
 

Nom :

Coquille Saint-Jacques

Nom scientifique :

Pecten maximus

Taille :

La taille maximale peut atteindre 17 cm et la taille commerciale minimale est de 10 cm (taille légale européenne)
La taille minimale de pêche peut être plus élevée (10,5 ou 11 cm) selon les gisements

Historique

L'aquaculture de la coquille Saint-Jacques est fortement liée à la pêche (repeuplement et aménagement des gisements). Mais pour le moment cette aquaculture concerne essentiellement le gisement de la rade de Brest et ne peut avoir d'impact significatif à l'échelle actuelle de production que pour conforter d'autres "petits gisements" de quelques centaines de tonnes. Quelques essais sont en cours dans la région de Saint Malo et et de Belle-île.

Le stock de coquille Saint-Jacques de la rade de Brest a considérablement diminué à la suite de l'hiver rigoureux de 1962-63. Un programme de repeuplement a alors été envisagé. Les premiers essais de captage de naissain sauvage surcollecteurs n'ayant pas été concluants, c'est une filière de production basée sur la production de naissain d' écloserie qui a été choisie.

Modes d'élevage et cycle de production : de l'aquaculture des juvéniles à la pêche des adultes

Le cycle d'élevage comporte ainsi 3 phases :

Ce cycle est pratiqué sur les gisements naturels ouverts à la pêche ou sur des cantonnements fermés pendant la croissance des animaux.
Une autre espèce très similaire, Pecten jacobeus vit en Méditerranée.

Beaucoup d'autres espèces de pectinidés font l'objet d'élevage en semis ou sur filières dans le monde (Chine, Japon, Nouvelle Zélande...).

Production de coquille Saint-Jacques

Production en rade de Brest

A la fin des années 50, il se pêchait 2 500 tonnes de coquilles Saint-Jacques en rade de Brest. Cette récolte annuelle s'est réduite à quelques centaines de tonnes après 1963.

Les effets du programme de semis se sont fait sentir à partir de 1990 et, actuellement, 2 coquilles pêchées sur 3 sont issues de semis

En 2002-2003, pour pêcher 200 tonnes de coquilles de semis, il a fallu produire 20 millions de post-larves en écloserie.

Valorisation du produit (coquilles de semis)

Comme pour les coquilles de pêche, elles sont essentiellement vendues fraîches et consommées cuisinées. Cette stratégie est facilitée par la possibilité de gérer les périodes d'apport (Noël notamment) et la taille des animaux (plus gros) issus des cantonnements, ce qui valorise encore davantage ces produits.

La coquille en chiffres

 

70

le nombre de licences de pêche maintenues par les semis de coquille en rade de Brest

1

le nombre d'écloserie produisant des naissains de coquilles en France

200

le tonnage pêché en tonnes issu des semis venant d'écloserie au début des années 2000

Le développement de la filière passe maintenant par une augmentation significative de la production de naissain.

Points forts / points faibles

 

Points forts

Points faibles

  • maîtrise de la production en écloserie et du pré-grossissement en mer
  • forte implication des pêcheurs
  • complémentarité pêche /semis facilitant la gestion des zones de pêche
  • qualité du produit final
  • une seule écloserie française -> quantité de naissain produite insuffisante
  • perte d'animaux lors du passage en mer et au semis liée au stress et/ou à la prédation
  • aléas environnementaux et biologiques
  • coûts techniques encore élevés
  • flou réglementaire dans les droits de gestion de la pêcherie

Pour la saison 2014, la collecte des coquilles sur la rade a été interdite pour tous suite à la présence de toxines trop importantes dans les chairs du coquillage, un petit article sur les toxines pour en savoir un peu plus

Contexte

La contamination des produits marins par des toxines produites par certaines espèces de micro-algues, ou phytoplancton, est devenue, en quelques décennies, un problème de santé publique à l’échelle mondiale. En France, la surveillance des risques liés au phycotoxines (ou toxines d’algues) concerne majoritairement les coquillages se nourrissant principalement de phytoplancton. Afin de contribuer au suivi de ce risque, le Réseau d’Observation et de Surveillance du Phytoplancton et des Phycotoxines (REPHY) a été créé par l’Ifremer en 1984. L’un de ses objectifs est de suivre les micro-algues productrices de toxines susceptibles de s’accumuler dans les produits de consommation du milieu marin et de rechercher ces toxines dans les coquillages.

Cela concerne les coquillages dans leur milieu naturel, dans les zones de production (parcs, filières, bouchots, ...) ou dans les zones de pêche professionnelle. C’est complémentaire au Plan de surveillance de la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL), qui concerne les coquillages sortis de leur milieu naturel, au stade de leur mise sur le marché, et provenant aussi bien de la production nationale que non nationale (établissements d’expédition (conchylicoles, marchés, distribution, exportation).

 

Définition

La surveillance des phycotoxines est réglementée au niveau européen avec le « Paquet Hygiène », dont le Règlement (CE) N°853/2004 du Parlement Européen et du Conseil du 29 avril 2004 fixant les règles spécifiques d’hygiène applicables aux denrées alimentaires d’origine animale. Les méthodes utilisées pour la détection et la quantification des toxines sont les méthodes officielles d’analyse prévues par le règlement (CE) n°2074/2005, relayées au plan national par le LNR (Laboratoire National de Référence) « biotoxines marines » de l’Anses.

Les troubles occasionnés varient en fonction de la famille de toxines mais aussi en fonction de la sensibilité individuelle et de la dose ingérée. Les premiers symptômes apparaissent entre trente minutes à quelques heures après ingestion. Trois groupes de phycotoxines sont soumis à une surveillance obligatoire :

  • Les toxines lipophiles, incluant les toxines à effets diarrhéiques, principalement associées au genre Dinophysis. Les symptômes sont similaires à ceux d’une intoxication diarrhéique  bactérienne ou virale.
  • Les toxines paralysantes (PSP), associées au genre Alexandrium,  provoquent des atteintes neurologiques pouvant être mortelles, avec des symptômes variés dont : fourmillements des extrémités et nausées en cas d’intoxication bénigne, engourdissement des membres, troubles de la parole et difficultés respiratoires en cas d’intoxication modérée, paralysie respiratoire pouvant conduire très rapidement au décès en cas d’intoxication sévère
  • Les toxines amnésiantes (ASP), associées au genre Pseudo-nitzschia, provoquent des symptômes gastro-intestinaux et neurologiques : nausées, vomissements, diarrhées puis maux de tête, troubles de la mémoire dans les 48 heures, éventuellement convulsions, et  coma suivi de décès dans les cas les plus graves.


La stratégie de surveillance des toxines dans le cadre du REPHY est adaptée aux  caractéristiques des trois familles de toxines. Sur la côte, la stratégie retenue pour les risques PSP et ASP est basée sur la détection dans l’eau des espèces présumées productrices de toxines qui déclenche, en cas de dépassement du seuil d’alerte, la recherche des phycotoxines. Pour le risque toxines lipophiles, une surveillance systématique des  coquillages est assurée dans les zones et les périodes à risque. Celles-ci sont définies à partir des données historiques sur les trois années précédentes et actualisées tous les ans. Pour les gisements au large, la stratégie est basée sur une surveillance systématique des trois  familles de toxines avant et pendant la période de pêche. Les résultats sont ensuite transmis à l’Administration qui prend, si nécessaire, les décisions adéquates : arrêtés préfectoraux pour interdire la vente et le ramassage des coquillages impropres à la consommation, information des conchyliculteurs et pêcheurs professionnels concernés, information du public.